Médiathèque, Lisieux | 1999

programme Construction neuve d’une médiathèque en centre ville
maîtrise d’ouvrage Ville de Lisieux, Calvados
maîtrise d’œuvre O. Fraisse architecte mandataire avec N. Breton, Ch. Sevault architectes; Sibat, b.e.t. et économie ; Peutz, acousticien
Surfaces 2000 m2
Montant des travaux 14 MF HT
Calendrier Concours, 99

A la croisée de l’axe historique de la rue de la Résistance, sous laquelle court l’ancienne voie romaine, et de l’axe de vie qu’est la rue Pont Mortain, le terrain de la future médiathèque occupe un emplacement stratégique. Point nodal dans le tissu urbain de Lisieux, emprunt d’une forte charge symbolique et historique il constitue un interface animé, par lequel transitent de nombreux passants, entre la place de la République et la rue Pont Mortain.
Le parti d’aménagement retenu se présente comme un diptyque, dont les deux éléments sont totalement solidaires et se donnent sens réciproquement. Il se compose d’un vide et d’un plein : d’une place et d’un bâtiment.
Le parti adopté consiste à la concentrer sur une partie seulement du terrain, et à faire de son symétrique spatial une place publique. L’ancienne voie romaine redevient un axe de symétrie structurant dans le tissu urbain.
Ce vide qui se dilate dans la perspective de la rue de la Résistance et vient interrompre le front bâti de la rue Pont Mortain, constitue à la fois un appel d’air, vers lequel on se sent attiré, et un espace de respiration, de pause où l’on a envie de s’arrêter. Dans la morphologie de la ville, cette trouée devient le nouveau cœur de l’espace urbain et la médiathèque son principal élément d’animation.
Dès la place, la haute façade vitrée de la médiathèque nous fait participer à la vie du bâtiment et nous attire vers l’intérieur. A chaque étage, la présence récurrente des documentalistes constitue des points d’ancrage et nous aide, dès l’extérieur, à nous repérer.
Au rez-de-chaussée, des hommes et des femmes vont et viennent : choisissent des CD et des cassettes-vidéo, consultent des logiciels aux couleurs attrayantes, s’asseyent quelques instants pour s’informer des nouvelles d’ici et d’ailleurs. Dès la place, la façade de verre m’intègre dans cette animation. Qu’y a-t-il de nouveau à voir, à entendre, à lire ? Pour le savoir, il suffit de traverser la voie romaine, en empruntant la passerelle qui la surplombe. L’empreinte du passé reste sensible dans l’espace d’aujourd’hui, au moment même où l’on a recours aux technologies modernes d’information et de documentation.
En longeant l’autre façade, rue aux Fèves, l’entrée dans la médiathèque est également possible. Ce double accès favorise encore davantage l’intégration de la médiathèque dans la ville et son appropriation par les habitants.
Organisation interne de la médiathèque
Pour trouver le calme et la sérénité propices à la lecture et au travail, il faut monter dans les étages. Au premier étage et dans la mezzanine se trouvent les livres et les usuels réservés aux adultes. Une salle de consultation des documents rares attend les chercheurs et 2 salles de travail sont prévues dans la mezzanine. La double hauteur sous plafond créée grâce à celle-ci donne une impression de volume et d’espace appréciable.
Les enfants et les jeunes savent que l’espace qui leur est réservé est au troisième étage. Ils peuvent venir y retrouver leurs héros favoris ou y écouter une histoire qui les fera rire ou trembler. Dès la place, ils ont repéré l’espace de «l’heure du conte ». Ils savent que c’est cette petite avancée qui bombe la façade : c’est leur nid, leur cage d’où ils s’évadent du monde pour entrer dans celui féerique et onirique des contes et des romans.
Les adolescents, dans les 200m² de l’espace médias, ont l’embarras du choix pour dénicher le livre, le CD ou la vidéo qui répondra à leur attente du moment.
Dans l’angle sud-est, l’atelier constitue l’espace créatif où, dans le cadre de sorties scolaires, ils pourront donner libre cours à leur imagination.
Le quatrième étage abrite ceux qui s’en occupent et veillent à son bon fonctionnement (secrétariat, bureau du directeur, des documentalistes, salle de réunion, de reproduction et atelier de réparation). Des puits de lumière le mettent en relation visuelle avec l’étage inférieur et apporte à celui-ci un surplus de lumière naturelle.
Si l’on redescend tout en bas, on trouve, au sous-sol, les réserves et les locaux techniques nécessaires au fonctionnement de cet ensemble. Mais il accueille aussi l’auditorium qui prolonge l’animation des lieux, grâce à un accès indépendant depuis le hall d’entrée, même lorsque la médiathèque est fermée.