ZAC Robiquette, Rennes | 2003-05

programme Aménagement de la ZAC d’activités de la Robiquette

maîtrise d’ouvrage Ville de Rennes
maîtrise d’œuvre TERRENEUVE architectes urbanistes, mandataire / I. Schmit paysagiste
mission Marché d’étude de définition 2004
surfaces 8 ha. d’aménagement dont 40 000 m² de bureaux


Le site
La Robiquette, une bande longitudinale au pied du coteau de Beauregard : d’une largeur moyenne de 110 m, le site se caractérise par une pente moyenne de 7 à 9 m en partie courante, et de 2 à 4 m au niveau des vallons. Cette disposition donne au secteur une allure légèrement festonnée. D’un bord à l’autre de la ZAC, la pente détermine des co-visibilités qui contribuent à la qualité de ce paysage bocager.
Les haies bocagères, un système de drainage ancestral : le périmètre de la ZAC s’appuie en amont de la pente sur une haie bocagère résiduelle qui laisse passer le regard à plusieurs endroits. Ces haies composent un système de drainage en sol imperméable, qui combine sens de pente et raccordement sur les vallons.
Les vallons, exutoire naturel des eaux pluviales : ils jouent le rôle de collecteur à ciel ouvert des eaux de percolation. Leur impact sur le site est double, en termes de relief et de gestion des eaux du secteur.
La composition paysagère
L’étude de composition générale du plan de ZAC s’appuie sur 3 éléments principaux :
La recherche de plates-formes d’aménagement à l’échelle du coteau : en termes de surfaces de stationnement, en s’attachant à conserver le sens des pentes. Elles sont combinées avec la création d’allées transversales qui permettent de desservir le site par une voie située en haut de la pente, à partir de l’axe du TCSP.
La préservation des haies bocagères structurantes et leur restauration : la haie bocagère située en limite de périmètre est conservée et restaurée dans les parties manquantes. Elle peut continuer à remplir son rôle de drain tout en assurant à la ZAC un fond visuel de qualité.
La gestion globale des eaux pluviales : l’hypothèse d’un rejet 0 sur le réseau d’assainissement en aval du site souscrit à la réalisation de fossés et de bassins de rétention, sur le domaine public, de chaussées réservoir et de stockages sur toitures terrasses, à l’intérieur des parcelles.
La structure végétale
La haie bocagère, en tête de talus : constituée d’essences remarquables comme le chêne, cette haie se caractérise par ses arbres arrivés à maturité et par le talus sur lequel ils sont plantés. Le projet propose de la renforcer sur toute la longueur de la ZAC.
Une bande plantée en bord de fossé, en limite de la route de Saint-Malo : la façade de la ZAC pourrait recevoir une bande végétale à la fois drainante et réservoir, constituée autour d’un fossé et d’une plantation d’arbres à port naturel, non jointive et irrégulièrement disposée pour éviter toute image d’alignement trop rigide.
La plantation de bouquets d’arbres disposés aléatoirement sur les parcelles de la ZAC : en prescrivant la réalisation de surface végétale minimum qui renforce le contraste entre végétation et volumes construits, et qui crée une nappe de plantation diffuse et perméable sur le plan visuel entre les deux éléments structurants que seront la haie bocagère et la bande plantée côté route de Saint-Malo.
PRINCIPES DE DEVELOPPEMENT URBAIN

Contexte
L’environnement de la ZAC de la Robiquette, qui s’étend sur environ 800 mètres de long, est extrêmement contrasté :
- Au nord, la rocade, 9 mètres au-dessus de la ZAC, et son talus marque une limite infranchissable. L’inconstructibilité réglementaire - sur 100 mètres depuis l’axe de la voie - permet de préserver en limite nord de la ZAC un espace « naturel » planté.
- A l’est, la ZAC est longée sur toute sa longueur par le boulevard de la Robiquette. Ancienne route de Saint-Malo, il constitue une limite administrative et urbaine franche entre, coté Rennes, un paysage à dominante rurale, et coté St Grégoire, la zone de grandes surfaces commerciales Grand Quartier.
- Au sud, quelques parcelles de maisons individuelles avec jardin ;
- Et à l’ouest, des champs et des haies bocagères, à l’emplacement de la future extension de la ZAC Beauregard.

La ZAC de la Robiquette dispose donc d’une relative « autonomie » dans sa forme et dans sa structure ; les limites de la ZAC sont franches et lisibles.
Au milieu de la ZAC, une ancienne cheminée industrielle en briques constitue la seule architecture « remarquable » du terrain d’étude, que l’on propose de maintenir en place comme un signal qui permet d’identifier la ZAC de loin.

Accès et desserte
Le boulevard de la Robiquette, pour moitié sur la ville de Rennes et pour moitié sur la commune St Grégoire, n’est pas inclus dans le périmètre de la ZAC. Cette exclusion ne permet pas de programmer dès à présent la nécessaire requalification urbaine de cette artère, encore marquée par son ancien statut de pénétrante routière sans trottoir, et avec profusion d’affichages publicitaires…
Par ailleurs, le centre commercial Grand Quartier présente une façade arrière peu valorisante pour la ZAC de la Robiquette. Ces raisons nous conduisent à organiser la desserte principale de la ZAC Robiquette par la future voie de desserte de la ZAC Beauregard, coté ouest, qui accueille également un TCSP.
Son tracé initial se trouve donc légèrement infléchi pour constituer précisément la limite entre les deux ZAC, en s’appuyant le long des haies bocagères, préservées et renforcées.
La largeur de la ZAC, entre 100 et 160 mètres, permet d’envisager une seule « épaisseur » de parcelles, toutes exclusivement desservie par la voie coté ouest, en partie haute du site. Deux traversées est/ouest sont créées pour la relier au boulevard de la Robiquette ; la première s’implante naturellement au droit du carrefour à feux existant, le tracé de la deuxième n’est pas encore défini. Deux hypothèses sont envisagées : au droit de la sortie du centre commercial, afin de limiter le nombre de croisement sur le boulevard de la Robiquette, ou bien un peu plus au sud, ce qui permet de mieux répartir les îlots, et la densité du bâti.
Enfin, une large traversée publique piétonne, positionnée au milieu, au droit de la cheminée signal, renforce le caractère paysager propice à la promenade, à destination autant des habitants de Beauregard/Qunicé que des personnes travaillant dans la ZAC d’activité de la Robiquette, pour aller par exemple déjeuner le midi. Le maintien du restaurant existant, longé par cette voie, peut être envisagé, en l’état ou bien reconstruit en retrait du boulevard de la Robiquette.
Ces trois transversales délimitent des îlots et donnent un rythme de séquences lisibles à l’ensemble de la ZAC.
Stationnement
Le PLU demande de prévoir 1 place de parking pour 40 m2 HON d’activités, ce qui représente d’importantes surfaces. Afin de minimiser les vues sur les parkings depuis la voie principale, tout en évitant la construction de parkings enterrés, coûteux et peu agréables à vivre, les stationnements se répartissent entre les sous-faces des bâtiments ventilées naturellement, et les terrasses paysagères qui s’appuient sur le nivellement naturel du site.
Les aires de stationnement extérieures seront traitées en chaussée réservoir, avec des plantations en surface, type « evergreen », dans un souci de protection environnementale – temporisation du rejet des eaux pluviales - et pour maintenir le plus possible les qualités paysagères du site.
Enfin, afin de limiter les interruptions de la haie bocagère qui longe la voie principale, les points d’entrées des véhicules sur les parcelles seront réduits au strict minimum, soit un piquage pour deux parcelles mitoyennes, à chaque fois que possible.
Bâti
L’hypothèse de programme était de 40 000 m2 d’activités ; les premières simulations démontrent qu’il est bien possible d’envisager ces surfaces tout en respectant une densité assez faible sans monter les constructions au-delà de 4 niveaux. Toutefois, dans un souci de cohérence de part et d’autre de la rue de l’Amiral Coligny, au lieu dit des Champs rôtis, la partie sud de la ZAC se prête mieux à l’implantation de logements. C’est pourquoi le programme des 40 000 se répartie entre 4000 m2 de logements – soit une opération de taille moyenne de 50 logements –et 36 000 m2 d’activités.
Sept lots d’environ 5 000 m2 HON sont prévus.
L’implantation et le gabarit des constructions sont définies selon les principes suivants :
-les corps de bâtiments principaux s’implantent selon l’axe de la plus grande pente du terrain, perpendiculairement à la voie nouvelle principale afin de ménager des traversées visuelles, d’éviter un front bâti, et de privilégier l’image d’un parc paysager loti ( et non d’une zone d’activité plantée…) ;
-des bâtiments de liaison d’un seul niveau peuvent relier plusieurs corps de bâtiments sans bloquer la vue depuis la voie nouvelle,
-la largeur des bâtiments est de 17 mètres, ce qui autorise une souplesse d’aménagement intérieur (plateaux de bureaux paysager, ou bureaux cloisonnés avec deux circulations et une bande centrale de noyaux et de services) tout en étant compatible avec la trame des parkings situés en entresol.
-L’hypothèse de hauteur des constructions est de 4 niveaux, auxquels s’ajoute l’entresol de parking, afin de dégager suffisamment d’espace libre paysager et d’intégrer sous les bâtiments un tiers environ des aires de stationnement nécessaires.