Projet Seine-Stade, Colombes | 2000-2001

programme Projet urbain sur le Stade Yves du Manoir, l'Ile Marante et les bords de Seine et le traitement de l'autoroute A 86
maîtrise d’ouvrage Ville de Colombe
maîtrise d’œuvre TERRENEUVE architectes urbanistes, mandataire / I. Schmit paysagiste / Demos, programmation et économie urbaine / J.F. Schmit, architecte
surfaces 100 hectares dont 24 pour le stade
calendrier Marché d'étude de définition 1999-2001

Le Projet Urbain Seine-Stade est caractérisé par ses multiples diversités: temporelle, des occupations, des échelles, des publics.
Du fait de la grande hétérogénéité du site, cette situation génère contraintes et complexité, et pourrait imposer une logique d'interventions ponctuelles, circonscrites à l'intérieur des enclos mis en évidence au cours de l'analyse. La nécessité d'un projet global qui permette de retrouver un lien entre la ville et la Seine reste cependant une priorité, au delà des logiques opérationnelles qui se mettent progressivement en place. Les enjeux exprimés pour le Stade, la Cité de l'eau ou le Parc, par leur résonance à l'échelle de l'agglomération, sont en mesure de générer des réponses au problème posé aujourd'hui par la coupure de l'A86, et par conséquent susceptibles de réintégrer à la ville le contact avec le fleuve.
Un outil stratégique pour la ville
Le PUSS doit fournir à la ville les moyens de maîtriser son développement au nord. Il a donc pour objectif principal de définir des orientations qualitatives en s'appuyant prioritairement sur les données que la ville peut maîtriser ou coordonner à travers un plan de référence.
Afin qu’elle puisse être maîtrisée et non subie, la faisabilité du projet est donc largement conditionnée par l’évidence des choix opérés et leur capacité à constituer des éléments dynamisants pour les projets particuliers.
La première phase d’étude du projet Seine Stade a permis d’exprimer l’importance à accorder au traitement de l’espace public; le deuxième phase propose un principe de mise en œuvre de ces espaces publics, requalifiés ou créés.
L'échelle de cette intervention urbaine nécessitera en effet un phasage d’études et opérationnel, ainsi qu’une adaptation régulière de différents projets qui se caractérisent par leur grande autonomie.
Dans ce contexte, la définition d'un schéma directeur des espaces publics, d'une trame viaire hiérarchisée, permettra à la ville de Colombes de réaliser un accompagnement urbain d’opérations, placées sous maîtrise d’ouvrage publique ou privée.
Enfin, compte tenu de l'inconstructibilté d'une grande partie des terrains pour cause de classement en zone inondable dans le Plan de Prévention des Risques d'Inondation (PPRI), il s'agit essentiellement de proposer, au delà des solutions de franchissement de l'A 86, un véritable projet d'intégration de l'autoroute et de valorisation du site par les espaces publics en s'appuyant sur ses principaux atouts : la situation en entrée de ville, la présence du Parc, de nombreux équipements sportifs, du Stade de la Cité de l'Eau, et de la Seine.
Plan de référence
Le projet conjugue trois principes :
- La création d'une allée forestière,
- L'extension du parc en parc des sports,
- La multiplication des traversées.
1. L’allée forestière
L’allée est un terme du jardin qui désigne l’espace de cheminement linéaire le long duquel s’effectue la promenade. C’est le fil du pas. Elle est réservée aux piétons, aux cavaliers, aux cyclistes et, exceptionnellement , aux véhicules qui ralentissent leur allure. (extrait de « L’urbanisme végétal » de C. Stefulesco)
Un belvédère sur la Seine en lisière du parc et de l'A86
Entre l’A 86 et la Seine, le parc de l'Ile Marante, renommé parc départemental P. Lagravère, est essentiellement destiné à la promenade, la détente, les jeux et la pratique de la course à pied. Il est efficacement isolé des rumeurs de l'autoroute par une butte de plantations semi-forestières, de 6 à 8,00 m de hauteur. Nous proposons de l'étendre et de la prolonger sur toute la longueur du parc et de remplacer la voirie actuelle le long de l'autoroute par une allée forestière en haut du talus afin de :
- Constituer un ancrage aux liaisons nord-sud entre la ville et la Seine
- Amarrer solidement dans le parc les futurs franchissements de l’A 86,
- Diminuer l'impact sonore de l'A86 sur toute la longueur du parc,
- Proposer une promenade haute multi fonctions sur la ligne de crête qui dégage des vues vers la ville, le Parc et la Seine,
- Valoriser la limite sud du parc avec le traitement d’une lisière végétale épaisse en accompagnement de la promenade.
Une liaison entre le stade Yves du Manoir et les équipements sportifs du Parc
Cette allée forestière se prolonge jusqu'au boulevard de Valmy en longeant les terrains de sports du stade Yves du Manoir. Elle accompagne le traitement paysager des limites du stade redéfini dans sa nouvelle emprise, dessert toutes les nouvelles parcelles constructibles et permet une liaison privilégiée pour la circulation des bus, piétons, vélos, rollers et autres trottinettes… entre tous les équipements sportifs jusqu’au Pont de Bezons.
Un traitement de qualité aux abords de l'autoroute
Le tracé de l'allée s'inscrit dans le site en respectant la géométrie des bandes parallèles à la Seine, le long de l'A 86. Envisager le plus rapidement possible une meilleure intégration de l'autoroute dans la ville nous a conduit à traiter en priorité ses abords immédiats. Coté ville, il s'agit de densifier le traitement paysager des franges, et de les rendre accessibles aux piétons.
2. Etendre le Parc en parc des sports
Il s’agit ici d’un thème d’encadrement du projet, qui cherche à renforcer l’identité du PUSS à partir des composantes emblématiques du lieu : Le végétal, l’eau et le sport.
Le Parc Pierre Lagravère : un atout intercommunal
En région parisienne, il est rare de bénéficier de parc de 20 à 30 hectares comme celui de l’île Marante, en bordure de la Seine. Malgré sa proximité avec l’A 86, il constitue un atout majeur pour la ville de Colombes et les communes voisines.
Il a néanmoins le défaut de ne pas comporter d’effet d’annonce et de lisières de voisinage à son pourtour, comme la voie de desserte et le parking qui constituent l’entrée principale du parc et qui côtoient directement les emprises de l’A 86…
Le projet propose l'extension du parc selon différentes modalités :
-à l'intérieur, en ouvrant l'enclos des espaces libres du centre sportif municipal,
-sur ses limites en repoussant les parkings dans des clairières au milieu des espaces végétalisés,
-ponctuellement au-dessus de l'autoroute pour assurer de larges franchissements utilisables comme terrains de jeux, courts de tennis, etc…,
-en établissant des continuités avec les terrains de sports situés de l'autre coté de l'autoroute.
Un espace de médiation entre la ville et la Seine
Seul espace accessible au public en bord de Seine, le parc est le médiateur naturel entre la ville et le fleuve. En terme d'usages, il regroupe plusieurs équipements sportifs majeurs de Colombes : la piscine olympique, la patinoire, les courts de tennis, des parcours sportifs et une piste de bi-cross et se trouve être fréquenté par de nombreux jeunes.
Etendre le parc au-dessus et par delà de l'autoroute, permet de mieux accéder aux différents équipements sportifs depuis l'Avenue de l'Europe et la future ligne de tramway. La préférence donnée aux circulations douces se justifie en effet pleinement pour rejoindre un lieu de détente de loisirs et de sports. Rapprocher les habitants de Colombes, et notamment des enfants et des jeunes des cités du quartier de l'Europe, du Parc ne peut que renforcer son rôle de médiateur urbain.

3. Multiplier les traversées
La rue Paul Bert constitue aujourd'hui la seule voie de liaison entre le parc et l'avenue de l'Europe. Le projet propose donc de requalifier cette voie majeure d'entrée de ville et de créer de nouvelles liaisons secondaires entre ces deux entités.
Requalifier la rue Paul Bert
La qualité de traitement des espaces publics et leur cohérence à l'échelle du quartier doit permettre de recalibrer la rue Paul Bert. La continuité du traitement des espaces publics pallie en effet à l'hétérogénéité des échelles de bâti.
L'espace de la rue, d'une emprise totale de 20 mètres, se partage entre toutes les fonctions urbaines ; un large trottoir planté pour les piétons, une piste cyclable, une contre allée de stationnement et deux voies de circulation.
Prolonger les rues existantes
Les rues Frankenthal et Charles Péguy, qui butent aujourd'hui sur l'A 86, sont prolongées en rampe pour franchir l'autoroute et rejoignent l'Allée forestière du parc.
Créer de nouvelles voies
Deux nouvelles voies transversales sont créées :
- l'une, à l'arrière du quartier Valmy et qui délimite l'emprise du parc des sports,
- l'autre, de l'autre coté de la rue Paul Bert, entre le lycée et le nouveau centre technique municipal